A quoi servent les saints ?

Publié le par CCIT

Toute vie chrétienne essaie d’être une manifestation de l’Evangile dans un quotidien banal. Les saints et les saintes que l’Eglise canonise ont déployé jusqu’à l’extrême leur fidélité à Dieu, à leurs contemporains et au travail de l’Esprit dans leur vie toute ordinaire. L’Eglise les propose comme modèles parce que le christianisme est une expérience, pas une idée. L’Eglise invite aussi à se confier à leur intercession parce l’amour et la solidarité des Hommes entre eux ne meurent pas.
Les saints sont des contemporains de leur époque et leur vie répond aux grands défis de leur temps. Leurs engagements, leur abnégation, leur joie de vivre disent des chemins possibles à la suite du Christ. A travers leur existence particulière, ils ont fait « advenir » Dieu autour d’eux. Et ça parle encore après leur mort ! 

Le père Damien de Veuster, canonisé ce 11 octobre est décrit comme un homme simple, serviable et plein de joie. Il est courageux, intrépide, robuste et hyper actif. Il devient prêtre chez les Sacrés-Cœurs de Jésus et Marie (picpusien). Après quelques années en mission aux îles Hawaï, il se fait envoyer chez les lépreux sur l’île de Molokai, « un pays corrompu, hérétique et idolâtre ». Pour éviter la contagion, les lépreux étaient arrachés à leur famille et jetés sur une île. Ils n’étaient plus considérés comme de vrais humains, ils n’avaient plus d’avenir. On ne leur renvoyait pas une image d’hommes, ils ne se comportaient plus en hommes. Damien veut « s’ensevelir avec ces infortunés » qui vivent le désespoir et la brutalité et cela lui sera rude au début. Mais sa foi en Dieu et en l’homme l’amènent à poser des actes, à s’investir à fond.
Ce qu’il vit avec les lépreux le change profondément. Il ne voit plus le monde de la même manière. Lui qui vient pour sauver « ces pauvres lépreux » dira bien vite « nous autres lépreux » alors même qu’il n’est pas malade. D’une approche presque surplombante, il devient un frère-partenaire. Il ne renonce à rien de ce qu’il croyait et en même temps, il se laisse atteindre par la nouveauté de ce qu’il vit. En étant fidèle à sa foi, en se laissant rejoindre par le défi de son époque qu’était la lèpre, il innove un chemin de charité avec une énergie incroyable, il s’adapte sans trahir. Quel bâtisseur ! Quel pasteur ! Quel soutien pour les lépreux, pour les jeunes! Quel champion de l’œcuménisme ! Le père Damien n’arrêtait pas une minute et puisait sa source, la nuit, devant le St Sacrement. Il a été calomnié et incompris, il a souffert de solitude…
Il s’est laissé toucher par ses frères et ce faisant, par Dieu. Il est mort lépreux, non par choix mais par nécessité ; malade, il parlera souvent de son « étrange bonheur », une sérénité paisible devant la mort, ne désirant rien d’autre que « l’accomplissement de la Sainte Volonté de Dieu ».
Le père Damien, comme Jeanne Jugan, invitent les chrétiens à repérer les défis de leur société, à plonger en un même mouvement dans l’action et en Dieu.

Ecrit par Chritine Gilbert, extrait de La Croix 10 et 11 octobre 2009.

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dissertation 29/10/2009 09:10


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