Apprend-on à prier ?

Publié le par CCIT

Les jeunes enfants apprennent à marcher, parler, s’ouvrir au monde, entrer en relations, en imitant leurs parents et leur entourage. Ils veulent faire comme les grands, surtout s’ils perçoivent le plaisir et l’intérêt que ceux-ci trouvent dans l’existence. Ils repèrent les attitudes et postures qui font vivre. S’ils croisent des adultes, parents, grands parents, participants de l’éveil de la foi, etc. qui prient devant eux avec foi, ils peuvent saisir qu’il se passe quelque chose d’important. Il est bon de prier et ça donne envie d’en faire autant ! Les disciples qui demandent à Jésus de leur apprendre à prier l’ont d’abord vu faire. (Lc 11, 1) Et Jésus ne leur répond pas que cela ne s’apprend pas, il leur donne les mots pour le faire, ceux du Notre Père.

http://photos-c.ak.fbcdn.net/hphotos-ak-snc3/hs505.snc3/26533_373754076707_646071707_3557297_6928233_n.jpgLa prière n’est pas quelque chose d’inné, on ne porte pas atteinte à la liberté d’un enfant en l’éveillant à la conscience de lui-même et à la relation à Dieu. Au contraire, la foi fait épanouir des libertés. Si on veut apprendre à prier à un enfant, il suffit d’être soi-même avec ses doutes, joies, questions et de prier avec lui ! Dieu appelle, il est présent, il attend, il accueille, il écoute, il est toujours là ; il s’agit seulement de se mettre en sa présence et de vivre, à sa manière, comme un rendez-vous d’amour. Les catéchistes ou parents qui guident la catéchèse des enfants savent bien qu’on ne fait pas prier des enfants, mais qu’on prie avec eux.

L’exemple des autres est important mais il ne suffit pas toujours et parfois, il manque. Des jeunes, des adultes demandent à apprendre à prier car ils ne savent pas comment s’y prendre. Ils vivent parfois dans un désert spirituel qui ne leur donne aucun repère ou trop. Ils ont pourtant soif de silence. L’Eglise, à travers des maîtres spirituels, pères de l’Eglise, mystiques ou autres, a toujours proposé de guider l’introduction à la prière et d’accompagner les personnes. Il s’agit d’abord de saisir que ce n’est pas si compliqué, que la prière est relation à Dieu, qu’il y a plusieurs manières de faire et donc de choisir celle qui convient le mieux à une période ou à un moment donné. Les adolescents, par exemple, ont besoin de moyens pour apprendre à se mettre en présence de Dieu, à recevoir un texte biblique dans la prière. Sinon, ils ont l’impression de ne parler qu’à eux-mêmes et de tourner en rond. Leurs éducateurs dans la foi essaient de les introduire à différentes formes de prière : dialogue contemplatif, prière d’alliance, lectio divina, psaumes, à la manière de Taizé, avec une œuvre d’art, un texte de Bible, etc. pour que la Parole résonne dans leur vie et qu’ils choisissent la manière qui leur convient. Comme dans la liturgie, l’intériorité se nourrit grâce à l’extériorité, à la mise en œuvre corporelle et mentale de l’être.

Avoir envie d’apprendre à prier est un don de Dieu, tout comme le goût de prier. La prière fait prendre la vie à bras le corps, la supporter ou lui faire donner son maximum. Et on n’a jamais fini d’apprendre.


Christine Gilbert,
La Croix, 27 et 28 mars 2010
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