Et l’Eglise, alors ?

Publié le par CCIT

« Jésus, à la rigueur, mais l’Eglise ! Tout ce fatras de dogmes, de hiérarchie, d’interdictions, d’histoires impossibles… A-t-on vraiment besoin de tout ça ? » L’interpellation est directe, l’interrogation réelle pour mon interlocuteur. Sa question est peut-être mal posée, mais elle doit être honorée. En effet, on ne peut pas séparer Jésus-Christ et l’Eglise ! Et celle-ci est à penser à partir du Christ. Penser l’Eglise à partir de son fonctionnement, de ses valeurs, de ses membres ou autres conduit souvent à l’impasse. L’Eglise est un signe que le Christ nous laisse pour donner corps à sa présence dans le monde, pour manifester la volonté de Dieu que tout homme, toute femme soit sauvé, pour « opérer l’union intime avec Dieu et l’unité de tout le genre humain »LG1.
egliseArticle.jpg
L’Eglise n’existe pas pour elle-même mais permet de se rapprocher du Christ qui en est sa raison d’être. Elle donne corps à la bonne nouvelle : Dieu t’aime et il est avec toi. L’Eglise n’a de sens que pour cette annonce, c’est sa place dans la société. Les baptisés sont les témoins du salut offert à tous ! L’Eglise déploie sa vie autour de 3 modalités : l’annonce et la confession de la foi, la pratique liturgique et sacramentelle et le service de l’humanité. Cette pratique concrète l’institue, la forme et la fait grandir dans le monde. C’est à partir de là qu’elle se définit et se donne à voir. Que voit-on ? Puissance, pressions, autorité administrative, incompréhensions, péchés… ? Ou amour désintéressé, service du prochain, don de soi, ouverture, lien social, présence prophétique…. ? La balle est dans le camp de chaque baptisé ordonné ou non, qui essaie de vivre au nom de sa foi, la fraternité, la communion, l’amitié, le respect, la charité, la confiance...
Pourtant, l’Eglise n’est pas sainte de toutes les saintetés ajoutées de ses membres. Elle est sainte de la sainteté de Dieu parce que Dieu agit en elle, en particulier par les sacrements et parce qu’elle est la représentante concrète, physique du corps du Christ. En disant qu’elle est Corps du Christ, peuple de Dieu et temple de l’Esprit, le concile Vatican II a souligné qu’elle n’est pas une institution humaine comme les autres (même si elle est faite d’êtres humains !) puisque c’est Dieu qui la rassemble et non une volonté humaine. Les baptisés, ensemble et différents, font corps au souffle de l’Esprit pour « la gloire de Dieu et le salut du monde ».

Les chrétiens ne sont pas meilleurs que les autres, pour reprendre un refrain souvent entendu. Ils le savent, et c’est sans doute déjà là que se manifeste leur différence ! Ils reconnaissent que pour aimer, pour vivre la foi, l’espérance et la charité, pour reconnaître le travail de l’Esprit dans le monde, ils ont besoin de vivre sous le régime du pardon. L’Eglise, dans toutes ses dimensions, le leur permet.

Christine Gilbert (La Croix, 30-31 janvier 2010)
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article