L’éducation affective et sexuelle des jeunes a besoin d’adultes formés

Publié le par CCIT



Alors que le film « Le Baiser de la lune » fait polémique au sein du monde catholique, le Cler rappelle la nécessité de former des « éducateurs à la vie »


«Non au “Baiser de la lune” dans les écoles ! » La pétition a circulé courant février. Elle vise un film d’animation parrainé par l’éducation nationale et présenté comme un outil de lutte contre l’homophobie qui devrait être projeté en classes de CM1 et CM2.

Sollicité pour un avis sur cette initiative, le Cler amour et famille, qui a une longue expérience en éducation affective et sexuelle auprès des jeunes, a publié un communiqué rappelant le « nécessaire accueil inconditionnel des personnes et la différence à faire entre les personnes homosexuelles et l’homosexualité », tout en déplorant l’aspect « réducteur » d’un film qui ne prend pas les problèmes de l’éducation affective et sexuelle « dans leur globalité ».

Or le nombre de demandes d’intervention reçues par le Cler, de la part d’aumôneries et d’écoles catholiques, ne cesse de croître. « Et malheureusement, nous ne sommes pas assez nombreux pour répondre à toutes », regrette Véronique Riquier, chargée de communication du Cler. Avec quelque 600 « éducateurs à la vie » en France, dont 90 % de femmes – la plupart des interventions en école se faisant dans la journée –, le Cler n’arrive plus à faire face à la demande.

Une formation plus longue, sur deux années


Il lance donc un appel afin qu’un plus grand nombre d’adultes intéressés accepte de se former et de s’engager au service de « l’éducation affective, relationnelle et sexuelle basée sur l’anthropologie chrétienne ». « Il n’y a pas de profil type, même si un tiers de nos éducateurs sont issus du secteur médical ou scolaire », souligne Véronique Riquier.

La formation pour devenir « éducateur à la vie du Cler » dure 160 heures – « après un entretien préalable déterminant » – et se fait sur deux années, à raison de huit week-ends et de deux sessions d’une semaine. Une durée de formation plus longue que celle proposée par d’autres organismes.

« Au Cler, nous prenons le temps, car nous considérons qu’il est très important, en plus des connaissances à emmagasiner et de la pédagogie à expérimenter, de travailler sur soi, sur sa propre affectivité et sexualité », souligne Marie-Laure de Salins, consultante-conférencière au Cler depuis une quinzaine d’années et éducatrice et conseillère conjugale dans les Yvelines.


Des jeunes très sexualisés et surinformés


D
ans ce département en 2009, les 72 éducateurs et conseillers conjugaux ont rencontré plus de 5 000 jeunes dans quelque 20 établissements scolaires privés, ce qui a représenté 1 030 heures d’intervention en classes de CM2, quatrième et troisième. Ces interventions en milieu scolaire, conventionnées par la Ddass, permettent de constater à quel point les jeunes sont « très sexualisés » – selon l’expression de Marie-Laure de Salins, infirmière de formation et qui a terminé en 2008 un diplôme universitaire avec le professeur Philippe Jeammet sur « les adolescents difficiles ».

« Bon nombre d’enfants découvrent des images pornographiques dès 8-9 ans, au détour d’un site Internet, et n’entendent parler d’amour et de sexualité que de manière vulgaire ou négative », poursuit cette mère et grand-mère, qui insiste sur la nécessité de les rejoindre « là où ils en sont ».

« Les questions que l’on avait en terminale en 1975 s’entendent aujourd’hui en sixième, voire en CM2 », confirme le P. Denis Sonet, qui fut l’un des pionniers, dès 1955, de l’éducation affective et sexuelle en établissements privés. Entré au Cler en 1969, c’est lui qui incita l’association (alors essentiellement préoccupée de préparation au mariage) à s’occuper aussi des jeunes.

« Dans le domaine de la sexualité, les adolescents – y compris en collèges privés – sont surinformés et mal informés, résume Jean-Eudes Tesson, président du Cler depuis 2007. Si bien qu’ils ont une image tronquée et fausse des relations entre l’homme et la femme. » Et de citer un magazine qui expliquait récemment que le « dedipix » (contraction de « dédicace » et « pixel », pour parler de messages écrits sur des parties intimes de son corps puis photographiés et mis sur le Web) et le « sexting » (vidéos osées envoyées par téléphone portable) font fureur chez les 12-17 ans…

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Publié dans Propositions CCIT

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