Le pape compte sur les familles pour adopter un mode de vie plus sobre

Publié le par CCIT

« Si tu veux construire la paix, protège la création » : c’est le titre du message de Benoît XVI pour la 43e Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2010. Benoît XVI en appelle à la responsabilité éthique « de tous » a souligné Mgr Toso, secrétaire du conseil pontifical Justice et Paix. Individus, nations et communauté internationale doivent respecter la création, spécialement pour protéger les plus pauvres et les générations à venir : la paix du monde est en jeu. Il encourage l’adoption de modes de vie sobres de la part des pays développés. Benoît XVI compte sur la contribution des familles, note le président de Justice et Paix le cardinal Martino.

 

Au cours de la conférence de presse, le cardinal Martino, président de Justice et Paix, a fait une présentation en cinq points faisant état d'une « vision cosmique de la paix » de la part de Benoît XVI, de « l'urgence d’agir », des perspectives pour un « chemin commun » de l’humanité, d’une espérance « dans l’intelligence et dans la dignité de l’homme » et il a souligné le trentième anniversaire, en 2010 justement, de la proclamation par Jean-Paul II de saint François d'Assise comme saint patron des défenseurs de l'écologie.

Lors de l’échange avec la presse, le cardinal Martino a souligné l'importance de l’éducation – en particulier dans la famille – pour former une « personne écologique »

Il souligne aussi qu’au niveau mondial, les religions ont leur rôle à jouer pour la sauvegarde de la création, notamment en « encourageant l’action des organismes internationaux ».

« Invitation à changer de style de vie »

Répondant à une question sur les réfugiés climatiques, le cardinal Martino a souligné l’importance d’actions sur le terrain. Il a cité un exemple de solidarité au Brésil, dont le Nord manque d’eau. Le gouvernement avait annoncé le creusement d’un million de puits, toujours attendus. Avec la Fondation San Matteo-cardinal Van Thuan, le cardinal Martino a lancé le projet de 60 citernes, à la suite de la visite ad limina des évêques du Brésil.

À ce propos, il rappelle que le Saint-Siège avait proposé que le droit à l’eau soit inscrit parmi les droits humains fondamentaux, lors de la conférence internationale sur l’eau qui s’est tenue à Istanbul en mars 2009. Ce droit à l'eau, a-t-il fait remarquer, est « inclus » dans le « droit à la vie ».

Mais à côté des menaces qui pèsent sur la planète, le cardinal Martino a souligné que l’optimisme du pape se fonde sur des « facteurs encourageants », et des efforts « énormes » déployés par certaines ONG pour la protection de l’environnement. Cette action, dit-il, « doit s'étendre » de façon à faire comprendre aux gouvernements qu’ils doivent « prendre des mesures adéquates », et elle est une « invitation à changer de style de vie ».

D’un côté la faim, de l’autre le gâchis

Le cardinal Martino a cité le récent discours du pape à la FAO et il a rappelé les chiffres : un milliard d'êtres humains manque du nécessaire pour s’alimenter, un autre milliard dispose de 1 dollar par jour et un troisième milliard de 2 dollars par jour. La moitié de l’humanité est donc dans une « pauvreté absolue » tandis que chaque année les pays développés jettent 30 % de la nourriture, 40 % en période de Noël, et aux États Unis en général, 40 à 50 %.

Pour ce qui est de l'énergie, à une question sur le nucléaire, le cardinal Martino a rappelé que le Saint-Siège, membre fondateur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), prône l’usage « pacifique » de l'atome. Il pense que la question des déchets peut se résoudre. Mais il encourage aussi les énergies « propres » comme l’énergie solaire ou éolienne.

Mgr Toso a attiré l’attention sur la réflexion du pape à propos de la « responsabilité de tous », la nécessité de ne pas céder à la société de « consommation », mais « d'agir » notamment en « renforçant l'autorité mondiale » (cf. Caritas in veritate), car il manque actuellement une autorité super partes. Il faut « graduellement » une autorité qui permette d'arriver à des « décisions » et en particulier pour l’emploi des crédits alloués : qui contrôlera l’usage qui en sera fait, et les processus à mettre en place aux différents niveaux ?

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