Pourquoi le pape a mauvaise presse

Publié le par CCIT

Affaires, polémiques et malentendus ont marqué l'actualité de l’Église en 2009. Pour l'écrivain Bernard Lecomte, spécialiste de la papauté, les médias comme le Vatican ont leur part de responsabilité. L'auteur de Pourquoi le pape a mauvaise presse décrypte ici les incompréhensions réciproques entre l'Église et les médias.

Selon vous, depuis son élection en 2005 et avant les affaires de début 2009, Benoît XVI jouissait d’une bonne image ?

Quand Benoît XVI est élu, il a d'abord une image plutôt négative : le cardinal Ratzinger était le préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi et passe, pour cette raison, pour un homme de discipline, image accentuée par sa réputation plutôt conservatrice et, en France, par son origine germanique.  De plus, quand il est élu, il a 78 ans : c’est un homme âgé. Mais son voyage en France avait redressé cette image : le grand public a découvert en Benoît XVI, un homme gentil, presque timide, capable d’un vrai contact avec les intellectuels aux Bernardins. Beaucoup ont été frappés par le recueillement de
la messe célébrée aux Invalides ou encore par son passage à Lourdes où il s’est montré plein de compassion et de générosité avec les malades.

Selon vous, c'est en 2009 que l'image de Benoît XVI dans les médias est retournée. Que s'est-il passé ?

En quittant le France, le pape allemand laissait une bonne impression. Quelques mois plus tard, trois affaires successives (Williamson, Recife et le préservatif) ont complètement retourné cette image, jusqu’à la rendre tout à fait négative.

Benoît XVI cherchait à réintégrer des catholiques intégristes dans le giron de l’Église. Mais les déclarations négationnistes répétées de Mgr Williamson aboutissent à une véritable catastrophe médiatique. Les médias ont toujours un effet loupe. Benoît XVI est désormais perçu comme réactionnaire.

Tout cela n’aurait pu rester qu’un épisode mineur si, dans la foulée, il n’y avait pas eu l’affaire de Recife. Le communiqué catastrophique du cardinal Giovanni Battista Re, membre de la Curie romaine et donc proche du pape, a laissé penser que le Vatican était plus préoccupé de droit canon que de compassion et de miséricorde.

Enfin, l’affaire du préservatif lors de son voyage en Afrique a achevé de faire passer le pape pour un être insensible au sida et complètement réactionnaire sur le plan de l’adaptation au monde.

Cette défiance est-elle liée à la seule personnalité de Benoît XVI ?

La tentation pour les observateurs est de dire que Benoît XVI n’a pas les mêmes qualités que Jean-Paul II, ancien comédien et ancien journaliste. Benoît XVI serait un vieux professeur, habitué aux discussions en tête à tête ou aux conférences dans un amphithéâtre, qui n’aime pas la foule, la communication.

Pourtant, Jean-Paul II a également dû gérer nombre d’affaires délicates : le carmel d’Auschwitz, la nomination de Jean-Marie Lustiger à Paris, les audiences accordées à Yasser Arafat ou encore Kurt Waldheim… Mais Jean-Paul II fait déjà partie de l’histoire. Aujourd’hui, nous vivons dans un autre monde, celui d’Internet, de l’information mondialisée et immédiate.

Le pape et le Vatican ont-ils mal communiqué ? Ou alors les médias étaitent-ils bien heureux d’épingler l’Église catholique et son plus haut dignitaire ?

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Publié dans Actu de l'Eglise

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