Quand le silence nous parle

Publié le par CCIT

Quand le silence intérieur se fait, c’est alors que Dieu parle au cœur. Ce qu’il murmure est sans doute de l’ordre de l’indicible. Souvent aussi, Dieu se tait. Mais avoir attendu sa parole est porteur d’espérance.



Les journées saturées de bruits, d’informations, de communications, de mouvements, d’obligations de toutes sortes laissent peu de temps et d’espace au silence. Et pourtant, la soif de silence est bien réelle. Heureuse et têtue. Elle conduit les pèlerins sur les chemins de Compostelle ou d’ailleurs. Elle mène les assoiffés d’intériorité vers les lieux spirituels que sont les monastères, les sanctuaires ou les lieux de retraite. Elle fait le succès des sagesses qui proposent des méthodes (postures, mantras, méditation) aidant à faire silence et celui, inattendu, du film de Philip Gröning,
Le grand silence .

Mais de quel silence s’agit-il ? Le dictionnaire définit simplement le silence comme l’absence de bruit, de parole. Chacun sait pourtant combien le silence est multiple. Il peut être imposé, comme par exemple dans une bibliothèque ou une salle d’examen. Il peut aussi s’imposer à la manière des points de ponctuation.

Nécessaire au travail de la pensée, il féconde la capacité de jugement, aiguise la conscience et le discernement. Il est le fond sur lequel le peintre dialogue avec la toile vierge. Il a une place éminente pour le musicien dont l’art consiste à faire tinter le silence, et pour les poètes et les écrivains à l’écoute des subtiles résonances qui murmurent dans les mots qu’ils entrelacent de silence.


L’immense espace du dedans
 

« C’est ainsi que je veux écrire, notait Etty Hillesum dans le journal qu’elle tint durant les deux années précédant sa déportation à Auschwitz, après avoir contemplé des estampes japonaises (1). Avec autant d’espace autour de peu de mots. Je hais l’excès de mots. Je voudrais n’écrire que des mots insérés organiquement dans un grand silence, et non des mots qui ne sont là que pour dominer et déchirer le silence. En réalité les mots doivent accentuer le silence. Comme cette estampe avec une branche fleurie dans un angle inférieur. (…) Les mots ne devraient servir qu’à donner au silence sa forme et ses limites. »

Mais le silence peut aussi être pesant, oppressant. Trop-plein d’abîme et d’obscurité. De solitude, d’ennui, de désamour, de souffrance, physique ou psychique. Heureusement, demeurent tous ces silences précieux et irremplaçables, qui disent le respect, le courage, la solidarité, ou plus simplement quelque chose de la joie et de la paix de contempler ou d’être ensemble, et qui, dans un même mouvement, se déploient et se partagent.

Le silence que recherchent les « chercheurs de sens » est d’une autre nature. Il est intérieur. Au plus profond de soi. Et ne vit que d’être entendu. Pour certains, ce silence est l’immense espace du dedans où la présence de Dieu cherche la leur.

«L’écoute de Dieu exige, nourrit et sauvegarde le silence »
 

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