Sainte Angèle Mérici : pour la promotion de la femme

Publié le par CCIT

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Fin XVe début XVIe en Europe, la Renaissance bat son plein : Michel-Ange, Titien, Raphaël, Memling, Léonard de Vinci, Botticelli rivalisent de talent, les rois de France édifient les châteaux en bords de Loire, etc. Dans ce foisonnement littéraire et artistique, et notamment par la redécouverte de l’Antiquité gréco-romaine, un néo-paganisme se répand. En Italie, Angèle Mérici a l’intuition qu’il faut y répondre par l’éducation des jeunes filles.

Née en 1474 sur les rives du lac de Garde, au nord de l’Italie, dans une famille modeste mais heureuse, Angèle est indépendante, mais également généreuse et fervente. Jolie et possédant une belle chevelure blonde, elle ne manque pas d’attirer les compliments de ses amis : « Avec ces cheveux-là, elle n’aura pas de mal à se trouver un mari ! »

Cependant, à 18 ans, elle se donne totalement à Dieu dans le tiers ordre de saint François, menant une vie de silence, d’ascèse et de prière dans le monde. Pour gagner son pain, elle est demoiselle de compagnie dans des familles de la bourgeoisie lombarde ; de bon conseil, on vient la consulter, et elle ramène souvent la concorde dans les familles. Elle enseigne aussi le catéchisme avec talent.

En 1535 à Brescia, alors qu’elle est désormais ermite, Angèle fonde la Compagnie de Sainte-Ursule (1), destinée aux femmes qui l’ont rejointe avec le même désir de vie consacrée dans le monde, au service de l’éducation des jeunes filles. La règle qu’Angèle propose aux Ursulines comporte plusieurs traits originaux, dont un lieu de vie consacrée autre que le foyer conjugal et le cloître, et l’exercice de l’autorité remis entre les mains de femmes.

Quand elle meurt en 1540, Angèle leur laisse un admirable testament spirituel, fondé sur l’abandon à Dieu et la contemplation, au milieu du monde. Elle fonde ainsi la première congrégation religieuse enseignante catholique.

Mais les choses se modifient rapidement, notamment sous l’impulsion de l’archevêque saint Charles Borromée qui, en 1581, soumet l’autorité de la communauté à un prêtre. Puis, les décrets du concile de Trente et l’opinion publique conduisent les Ursulines à se cloîtrer. En 1592 est fondée la première maison en France, à Avignon. À la fin du XVIIe siècle, il y avait en France trois cent cinquante monastères, comptant neuf mille Ursulines, qui instruisent la grande majorité des jeunes filles.

Marie-Christine Lafon


(1) Sainte Ursule était une vierge anglaise, martyrisée au IVe siècle à Cologne, et envers qui elle a une dévotion.
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